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HTML Document La zone cotière béninoise

Release date 04/05/2007
Contributor hdekoeijer

La zone côtière du Bénin mesure 125 Km et couvre environ 375 Km2. Elle occupe environ 0,5% de la superficie du pays et  abrite jusqu’à 50% de la population du pays.  Il s’agit d’une plaine côtière basse (altitude maximum inférieure à 10 m) constituée de plusieurs cordons littoraux séparés de nombreux bas-fonds marécageux, de lagunes côtières peu profondes et de nombreux bras actuels ou anciens par lesquels se fait la circulation hydrologique. C’est également une niche écologique riche et diversifiée, malgré sa fragilité.
 
Cette région fortement peuplée, est diversement exploitée depuis le 17ème siècle. Si les hypothèses historiques relatives à l’occupation humaine de la région ne font pas l’unanimité chez les chercheurs, il est sûr, cependant, que cette région est occupée depuis près d’une dizaine de siècles par les groupes socioculturels Peda, Xwla, Gen et Fon. Malgré l’imperfection des sources et l’inégale répartition de la population, on estime aujourd’hui à près de 200 hab/km2 la densité de la population rurale sur la côte du Bénin. La densité de la population rurale de la plaine côtière du Golfe du Bénin est supérieure à 200 hab/km2, sans oublier que cette région compte les plus grosses agglomérations du pays.

Le dynamisme urbain et démographique est marqué par la prédominance des fonctions industrielles et tertiaire de Cotonou.  La population des principales villes (Grand-Pop, Ouidah, Cotonou et Sèmè) est estimée à près de 1 500 000 habitants. Le dynamisme urbain de Cotonou est plus préoccupant. Ville en pleine explosion démographique (environ 750 000 habitants) où la seule zone viable pour l’urbanisation est constituée par les cordons littoraux développés à l’est de la ville et où l’érosion des côtes est en progression très sensible.

Cette région est le poumon économique du pays, car abritant les principales villes, les infrastructures portuaires et aéroportuaires, et surtout, un nombre important d’industries. Le rôle des activités portuaires dans le développement économique actuel du Bénin est indiscutable malgré la rareté des données comparables pour justifier cette importance. Le port de Cotonou assure une partie importante du trafic import-export des pays enclavés de l’Afrique de l’Ouest (Mali, Burkina-Faso, et Niger).

Le tourisme, dont le caractère littoral est très important par ses plages et ses infrastructures existantes (hôtels) et  en voie de réalisation (villages touristiques à Djègbadji et Avlo), est en pleine expansion, le littoral offre près d’une cinquante d’établissements touristiques concentrés surtout dans les villes de Cotonou, de Grand-Popo, de Ouidah et de Sèmè.

Le tourisme connaît dans la plaine côtière du Bénin une progression régulière dont le potentiel est encore à exploiter dans sa plénitude. Elle constitue le poumon économique du pays. Elle est le lieu de concentration d’une grande partie de la population et le siège d’intenses activités économiques qui la fragilisent extrêmement. Elle est la zone la plus productive et la plus vivante du pays. et produit plus de 70% du PIB du pays.

On comprend que toutes ces infrastructures favorisent une forte spéculation foncière sur tout le littoral (coût moyen du terrain supérieur à 4 000 000 F CFA) et surtout la Route des Pêches, où l’hectare de terrain est supérieur à 10 millions de francs CFA aujourd’hui.

L’activité agricole est conditionnée, dans cette région du littoral, par des conditions climatiques et pédologiques particulièrement médiocres, liées à la présence de la mer. Les cordons sont surtout occupés de façon continue par un paysage bien ordonné de cocoteraies. Ces plantations matérialisent l’appartenance foncière et fournit des revenus substantiels aux propriétaires qui sont, pour la plupart, absents des lieux ou s’occupent de la pêche en mer ou dans les lagunes. Aux bords des lagunes côtières, on pratique de maigres cultures vivrières (maïs, manioc, niébé) auxquelles sont associées des cultures légumières de plein champ. L’agriculture est peu prospère dans la zone côtière : maïs (principale base de l’alimentation), manioc, niébé, arachide et un important cortège de plantes potagères (tomates, piment, gombo, diverses amarantes).L’élevage est très répandu mais peu organisé.

La pêche se résume en activité traditionnelle (petite pêche à la journée) et fournit les espaces d’eau douce (tilapia) et des crustacés. Depuis 1960 avec la construction du port de Cotonou, la pêche s’est développée par l’arrivée massive des Ghanéens (Fanti et Keta) qui y ont introduit des embarcations motorisées dans cette exploitation qui devient semi industrielles. Aujourd’hui la pêche au large est la plus importante que pratiquent les pêcheurs fixés sur le littoral. Elle fournit une masse considérable de poissons

 

D’autres activités se déroulent dans la zone côtière du Bénin qui revêtent une importance économique considérable. Il s’agit de :

  • Exploitation des carrières de sable pour les travaux de construction dans les communes de Ouidah et de Grand-Popo, Sèmè-Kpodji ;
  • Saliculture dans les communes de Ouidah et de Grand-Popo ;
  • Installation  du système d’acadjas dans certains lacs (Nokoué, Ahémé) des pièges aux poissons ;
  • Développement du tourisme : zone de l’espace touristique dans la zone côtière du Bénin ;
  • Exploitation des plans d’eau côtiers par les commerçants d’hydrocarbures. D’importantes quantités d’hydrocarbure sont transportées par voie fluviale qui est de très loin la moins chère.

Les problèmes environnementaux

 

L’environnement côtier et marin,  fait face à une multitude de problèmes menaçant les ressources naturelles, et provenant pour la plupart des pratiques existantes et non durables d’exploitation des ressources.

Les différents conflits d’usage et d’intérêt ont provoqué une dégradation des écosystèmes et la pollution  marine aggravées depuis une cinquantaine d’années par une négligence de règles ancestrales de gestion. La pression sur les ressources s’est accentuée, tandis que les activités humaines sont de plus en plus incontrôlées.  Cet état de chose représente une menace pour la productivité des différents  écosystèmes, l’intégrité  de la zone côtière et par conséquent, la croissance économique et le bien-être des populations locales.

Cette situation  étant similaire dans les autres régions de l'Afrique au Sud du Sahara avec presque les mêmes défis à relever, la nécessité d’adopter une approche régionale pour y remédier s’est faite ressentie. En effet,  une étude de la Banque Mondiale a estimé qu’en l’an  2025, la population entre la zone côtière du Ghana et le delta du Niger sera de 50.000.000 d'habitants.

A ces défis, une seule réponse possible : une politique active de recherche en vue de proposer des solutions possibles au choix des décideurs. Le réveil des consciences des responsables politiques de l’Afrique de l’Ouest et du Centre, après un quart de siècle de gestion hasardeuse,  a donné naissance à la Convention d’Abidjan qui a servi de base pour les différentes politiques mises en œuvre dans différents pays côtiers de l’Afrique de l’Ouest, dont le Bénin.

La Convention d’Abidjan a été signée en mars 1981, est entrée en vigueur en 1984. La côte des états côtiers couverts par la Convention d’Abidjan dépasse 14.000 km de long (Mauritanie – Afrique du Sud). La Convention couvre 22 pays avec 3 écosystèmes distincts, notamment, Les Grands Ecosystèmes Marins (GEM) des Courants du Benguela, de la Guinée et du Canari.